Mercredi, 23 avril 2008Maxon et 3D Weave : succes story
Pour les plus fervents d'entre vous qui suivez la saga du développement de notre "multinationale" de la 3D, vous n'êtes pas sans savoir que notre logiciel superstar au quotidien est Cinéma4D.
Petit parmi les grands devenu désormais grand parmi les grands, Cinéma 4D s'impose aujourd'hui parmi les meilleurs logiciels de 3D : • Ergonomie et interface exceptionnelle, • coût abordable, • Cinéma4D est en outre doté d'un des meilleurs moteurs de rendu de sa catégorie ! Une autre de ses qualités ? La grande rigueur et la solidité de son architecture de programmation. Facile à installer, à maintenir et des versions MAC/PC qui progressent ensemble à l'identique, sans plantages. Rien d'étonnant à cela car ce sont nos amis allemands de chez Maxon qui le développent ! Au passage nous saluons leur remarquable travail. Le choix de ce logiciel pour nos productions 3D, se révèle être un des meilleurs choix que nous ayons réalisé ces dernières années en matière de soft. Ce soft nous accompagne dans notre production au quotidien et c'est lui encore qui nous a permis de produire le film sur la base de maintenance de l'A380 commander par Air France, et récompensé à Imagina cette année. En plus de l'accroissement des performances du matériel informatique, nous pensons que cet outil est le plus apte à nous accompagner dans le développement de notre agence d'illustration 3D et de notre banque d'images de synthèse. Il est au coeur de nos futurs projets. D’ailleurs nous lui avons déjà réservé les productions les plus folles et les plus ambitieuses de ces prochaines années. Fabrice escalier Plus d'info : "Customer Stories" sur le site de maxon : http://www.maxon.net/pages/dyn_files/dyn_htx/htx/2334/02334_02335.html Mardi, 5 février 2008Photos de la remise du prix Imagina à 3DWeave(et un grand merci au service presse : Nathalie et Guillaume). http://images.3dweave.com/ceremony PS: si vous utilisez ces images, notez impérativement le crédit photo (c)Imagina. Dimanche, 3 février 2008Remerciements de Stephane à la remise du prix imaginaLa photo de la remise des prix vue du podium (au moment de la photo de groupe finale). (c)2008 Fabrice pour 3DWeave. C’est un grand moment pour une petite société comme 3D Weave. D’abord, c’est un intense moment d’émotion personnel, parce qu’il y seize ans, j’étais un simple visiteur à Imagina. Oui, il y a seize ans, j’avais vingt ans et j’étais étudiant. J’ai séché les cours, j’ai pris l’avion et je suis venu à Monaco pour voir ces images qui me faisait rêver, qui nous font tous, toujours, rêver. A titre personnel, j’aimerai remercier les trois personnes qui ont fait d’un rêve de gosse une réalité professionnelle qui se traduit aujourd’hui par ce prix. Stéphane ANQUETIL (à droite) et Fabrice ESCALIER (en noir) recevant la théière Imagina pour le prix spécial du Jury catégorie Industrie. Quand on a vingt ans et qu’on vient dans un salon professionnel, on a rien à vendre, rien à acheter. Il se trouve des gens pour vous écouter, vous encourager, pour vous inciter à continuer. Je voudrai remercier quelqu’un qui a pris 10 minutes de son temps pour me parler et qui m’a donné envie de faire ce métier. Mesdames et messieurs, je remercie Georges Lacroix, le fondateur de Fantôme et le créateur de séries comme les Fables Géométriques, Insektor… Alors évidemment, pour les jeunes générations, pour les étudiants qui m’écoutent… Ils doivent se dire « mais qui sont ces gens là ? ». Et oui, ça me fait tout drôle d’avoir des souvenirs de « papy » à 36 ans et de passer déjà pour un vieux gâteux ! Oui, tout cela c’est déjà de l’histoire ancienne. Ce qui signifie que la 3D, notre métier, a déjà une histoire. Un passé. En vingt ans, bien des choses ont changé. Le film que nous avons réalisé a été produit en 5 mois dans nos studios de Hawaï, pardon… de Montreuil. Oui, ce film a été produit non pas sur des stations de travail, mais sur des PC « normaux » avec un logiciel, Cinema 4D, qui coûte aujourd’hui 700 euros hors taxes. Donc quand on parle de « démocratisation » de la 3D, on est dans la réalité ! Et par un curieux effet de vase communicant, cette baisse des coûts, se traduit par une hausse de la valeur du travail humain. Car si la machine, ne vaut presque plus rien, c’est bien le travail de l’homme qui a de la valeur par son expérience, par sa technique, et par son talent. Evidemment, je remercie l’équipe de 3D Weave. Donc, merci à Gaétan « Teengal » qui a passé ses nuits dessus. Et merci à Benjamin Nadeau, pour qui c’était un premier contrat de travail après son stage chez nous. Après ces remerciements, je voudrais parler du prix lui-même ! C’est la première fois que ce prix Imagina est remis, dans la catégorie Industrie. Industrie parce que les commanditaires de ce film, c’est AIR France Industrie. Ce n’est pas clip ou une pub ! L’objectif de ce film, ce n’est pas de séduire des consommateurs. C’est d’informer les personnels d’Air France, les « graisseux ». Un « graisseux », en jargon, ça signifie un mécanicien de maintenance. Ce film représente, non seulement un bâtiment, ce hangar énorme de 11 000 m 2 que nous avons modélisé, mais aussi le travail qui se passe à l’intérieur. C’est pour cela que ce film présente des séquences qui peuvent paraître anecdotiques, comme cet homme qui sort du parking pour aller au vestiaire ou ces gens qui se disent bonjour. C’est une volonté délibérée de concevoir un bâtiment qui réunisse sur un même site, les cadres dans leurs bureaux et les techniciens sur les plates-formes. Bravo donc à la direction de la maintenance d'Air France. Bien sûr, parce que ce bâtiment est gigantesque, à la mesure de l’avion qu’il accueille, l’A380, le film a aussi une dimension architecturale. C’est un des autre prix créé cette année. Par ailleurs, nous avons collaboré avec l’architecte et avec la direction des affaires immobilière d’Air France. Merci à eux ! Cette variété d’interlocuteurs représente aussi une dimension spécifique du film industriel. Car nous devons collaborer, en tant que studio 3d, non pas avec des professionnels de la communication, de la vidéo ou de l’audiovisuel, mais avec des architectes et des ingénieurs. C’est là que se posent plusieurs problématiques pour notre industrie, l’industrie de la 3D et la leur, l’industrie du réel ! Car pour réaliser ce film « virtuel », nous avons besoin d’objets et d’images réelles ! Par exemple, un extrait représentatif de ce film de synthèse représente : • un avion, l’A380, • poussé par un tracteur d’avion le TPX500S • et qui rentre dans un hangar, le H5! L’avion n’était à l’époque qu’à l’état de prototype pour son premier vol d’essai. Le tracteur d’avion n’existait que dans le bureau d’étude de son constructeur, TLD Et le hangar était à l’état de plan d’architecte ! Hors pour ce faire, au final, nous avons tout modélisé d’après de simples plans 2D ! Pourquoi ? Parce qu’on avait aucune source 3D. Question. Quels sont les formats 3D de demain qui permettront des passerelles fiables entre les logiciels de CAO, d’architecte, de bureau d’étude et les logiciels d’animation et d’illustrations que nous utilisons ? Pour l’heure, il existe peu de solutions fiables et ouvertes. Alors qu’il existe des formats 2D standards de fait, comme Adobe PDF ou encore le PSD de Photoshop, l’industrie de la 3D n’a pas encore son format d’échange standard et c’est un vrai problème. Car c’est une perte de temps, d’énergie considérable qui a un impact sur les budgets ! Pour créer ce film, nous avons eu besoin de sources 3D. Et je me rappelle très bien les difficultés que nous avons eue. Et là je m’adresse aux industriels, aux constructeurs du réel. Où sont vos objets 3D ? Où sont les plans simplifiés que vous pouvez rendre public pour modéliser vos produits, pour les mettre en scène dans films des autres ? Monsieur Airbus, où est votre A380 en modèle 3D ? Monsieur Renault, où puis je acheter votre Twingo pour mon logiciel ? Ces questions, appellent bien plus qu’une réponse technique. C’est bien sûr un changement de comportement : la mise à disposition des sources 3D représente pour l’industrie un challenge de taille. Allez nous continuer à travailler, à bricoler chacun dans notre coin ? Où allons nous collaborer ensemble à la mise en place d’une plate-forme d’échange de contenu 3D ? Puisqu’à tous les niveaux, nous utilisons la 3D. Allons laisser nos sources 3D, nos fichiers, « dormir » sur nos disques durs ? Où allons nous donner de la valeur à ce patrimoine numérique ? Car hormis le film qui est récompensé ce soir, ce projet a servi à créer une présentation PowerPoint pour Air France. Il a servi à créer un rendu photo réaliste haute définition pour le cabinet d’architecte. Il a servi à faire des vues supplémentaires du bâtiment pour l’immobilier. Et on pourrait imaginer encore d’autres vies, d’autres utilités pour se projet : en formation du personnel, en conception, etc… Plus fort encore, le modèle A380 que nous avons modélisé, nous l’avons revendu à une autre société, un bureau d’étude, qui en avait bien besoin, sous Catia, pour montrer son nouveau produit : de système gonflables qui permettent de soulever et redresser un avion. Il y a donc des besoins. Vous comprenez bien, que ce dont je parle, ce n’est pas une déclaration d’intention, une simple suggestion. C’est une affirmation. C’est une politique délibérée. Chez 3D Weave, dans notre petite PME, nous mettons en ligne, nous référençons et nous vendons. Oui, nous vendons en ligne, des illustrations, des sources 3D sur nos sites Internet ! Et c’est une source de revenu. Embryonnaire, certes, car nous sommes petit, mais réelle. Or je vous pose la question : qui s’occupe chez vous de « mettre en ligne ». Qui s’occupe de fédérer, de regrouper vos sources 3D dans vos entreprises ? Qui s’occupe aujourd’hui de mettre des Renault bien modélisées, conforme à l’image de la marque Renault sur les plateformes de contenu 3D ? Je vais vous le dire. C’est Igor, infographiste 3D amateur de Russie et grand passionné de voiture ! Qui s’occupe de mettre des images de bonne qualité de l’A380 sur Internet? Ce sont les passionnés d’aviation ! Notre première source de documentation, d’inspiration, quand il a fallu modéliser cet avion, cela a été 3 plans succincts et des photos des fans de l’A380 ! De même, nous avons reproduit, pour la séquence du débarquement, une structure ADP qui avait déjà été modélisée dans un AUTRE film 3D par un autre studio ! Nous avons refait un travail qui existait déjà ! C’est pour cela, que je propose, que vous, industriel, vous nommiez un « monsieur 3D » dans vos sociétés. Un monsieur 3D qui sera capable, de fournir, sur demande ou gratuitement en ligne, des objets et modèles 3D fiables, validés, de vos produits, pour vos prestataires. De la même façon qu’une société se doit de fournir son logo à son agence de communication, et des communiqués à son agence de presse, elle doit faire attention à la représentation de ses produits sur Internet, en 3D et dans les films des autres ! Rendez vous compte que vous payez des espaces d’affichages, des stands sur des salons professionnels, des spots télé à prix d’Or, et que vous n’investissez pas un centime pour être présent sur tous les rendus 3d, tous les films en 3d de la planète ! A l’inverse, à l’autre bout de la chaîne, ce monsieur 3D pourrait être chargé de récupérer les films, les images des projets auxquels il a fourni des sources, afin d’enrichir à nouveau votre propre patrimoine ! Avec des images qui mettent en scène vos produits ! Alors à qui la faute ? Sans doute, est-ce à nous, professionnels de la 3D, de proposer plus, d’expliquer plus ce qu’est un source 3D et sa valeur ? Est-ce à vous industriels de sensibiliser mieux vos équipes, surtout à la communication, au marketing, à ce que c’est : un source 3D, son potentiel, sa réutilisation. Bien sûr, tout ceci appelle des questions pratiques ! Comment rendre accessible ces contenus ? Devons nous créer une sorte de bibliothèque du 3eme millénaire ? Et après les bibliothèques du texte, puis les photothèques pour l’image , devons nous inventer les 3Dthèque ? Oui, sans doute. Pour l’instant, c’est l’anarchie. Certains contenus créés par des passionnés, des étudiants, sont gratuits sur des sites spécialisés classés par logiciels ou par communautés d’utilisateurs. C’est une solution à revoir car cela signifie le mépris du travail réalisé. Si c’est gratuit, c’est que cela n’a pas de valeur, que le travail d’infographiste 3D n’a pas de valeur. Hors nous savons tous qu’il en a. Il existe aussi des sites de revente du contenu. Ce sont des sites américains, principalement. Aucun contrôle qualité ou d’exactitude ou de droit des marques n’y est fait. Il y a des erreurs, de marque, de nom, de proportion, d’échelle. Je me rappelle que nous avions acheté pour aller plus vite un modèle d’A380 à un argentin sur l’un de ces sites. Il était faux ! C’est pourquoi nous acteur de cette industrie de la 3d, et vous, acteurs de la 3d dans l’industrie, nous devons réfléchir ensemble à des solutions plus professionnelles, où les intérêts de chacun seraient préservés. Afin que nous puissions bâtir également une économie du contenu 3D profitable à tous ! Merci de votre attention et encore merci pour ce prix Imagina ! Stéphane ANQUETIL pour 3D Weave Vendredi, 1 février 2008Entrevue avec Gaétan, infographiste 3d sur le film gagnant du prix Imagina Industrie 2008
Q: Votre film vient de gagner le prix spécial du jury Imagina, catégorie Industrie.
Quelle est votre réaction à chaud ? Géatan Langlois : Je suis très heureux de voir récompensé ce travail de plusieurs mois qui nous a permis de lier à la fois la simulation fonctionnelle d'un projet de grande envergure, et l'aspect esthétique. C'est à la fois une très grande satisfaction personnelle bien sûr, mais également une récompense appréciée et partagée par toute l'équipe de 3DWeave. Q: Quel est votre rôle au sein de 3D Weave ? Je suis infographiste et developpeur 3D, je me charge des différents domaines 3D nécessaires à nos réalisation, à savoir la modélisation d'objets/personnage, leur texture, le rigging de personnages et l'animation, mais également l'éclairage et le rendu. Je suis également développeur, ce qui me permet de développer des outils suivant nos besoin, dans le logiciel 3D qui est notre outil principal chez 3dWeave, c'est à dire Cinema 4D. Q: Quel a été votre fonction sur ce film ? J'ai modélisé toute l'architecture, et les structures de charpente du hangar, en leur attribuant des systèmes de contrôles pour pouvoir les animer. En collaboration étroite avec l'architecte, mais également les bureaux d'étude, il a fallu rendre concret et fonctionnel un projet qui n'existait que par des plans. Mon travail a également consisté à mettre en place les matières et les éclairages. Et puis enfin, j'ai également animé l'ensemble, en fonction d'un storyboard mis en place par le directeur artistique sur ce projet, Fabrice Escalier. Q: Combien de temps avez vous travaillé sur ce film ? J’ai dû travailler 3 mois sur cette production, 3 mois intenses pour la modélisation et la finalisation du projet 3D, et 1 mois pour le travail d'animation, les corrections liées aux évolutions du projet (modification sur l'architecture ou les systèmes mécaniques du hangar). Q: Quelle difficultés inattendues avez vous rencontrée sur ce film ? Parmi les principales difficultés d'un projet d'une telle envergure, il y a tout d'abord eu la nécessité de modéliser entièrement un A380, il fait partie intégrante du film. Il a donc fallu travailler sur la base de photos essentiellement, car lors de la réalisation de ce film, le 1er A380 sortait à peine des usines Airbus de Toulouse, donc on ne trouvait que très peu de documentation précise et technique sur l'avion, et nous devions avoir un A380 en 3D plus vrai que nature, puisque dans certains plan du film, celui-ci est vu en gros plan, et sous tous les angles... Q: Quel contrainte technique avez vous dû surmonter et comment ? La contrainte principale sur un tel projet c'est d'une part la cohérence technique, puisque nous devions avant tout montrer le fonctionnement mécanique des systèmes de maintenance, et plus particulièrement des charpentes mobiles. Il a donc fallu recourir à quelques petits éléments de programmation afin d'obtenir des mouvements mécaniques faciles à animer, mais surtout crédibles par rapport aux instructions fournies par le bureau d'étude. D'autre part, la taille du projet a été une contrainte puisque cette architecture est de taille pharaonique. Nous devions malgré cela avoir la possibilité de le "visiter" à l'échelle humaine ! Ce qui implique un niveau de détails très important, donc une base 3D très lourde dans le process de production. Nous avons donc remédié à cela, en adaptant, pour chaque plan de caméra, le contenu du fichier pour ne laisser que les éléments visibles dans le cadrage. Il a donc fallu faire un travail d'optimisation important sur chaque fichier, de façon à pouvoir calculer nos séquences animées dans des délais contrôlés. Et puis nous avons aussi eu recours au compositing, en calculant séparément pour certains plans : • les décors, • les véhicules, • et enfin les personnages, et en assemblant le tout en post-production sous AfterEffect, pour les plans les plus complexes. Q: De quoi (séquence, technique) êtes vous le plus fier ? J'aime beaucoup la séquence d'introduction, quand on voit au départ le plan à plat sur le sol, et qu'ensuite le bâtiment se construit petit à petit. Ca permet de voir mon travail de modélisation de toute l'infrastructure, et puis visuellement je trouve ça réussi, c'est très didactique comme présentation architecturale. Q: Hormis ce prix, à quel moment avez vous senti vraiment que ce film "sortait" de l'ordinaire ? Je pense que c'est notre client qui très tôt dans la production, nous a dit que ce film allait apporter bien plus que prévu ! En effet dès les premières images des bâtiments en 3D, nous avons déjà dépassé de loin la qualité espérée par notre client. Par la suite, lorsque les systèmes mécaniques ont été mis en place, les premières animations ont permis au client de constater les améliorations possibles. Ce qui au départ était un simple film de visualisation d'architecture, est devenu très rapidement un outil de travail ! Il a permis aux concepteurs de voir autrement les choses, et de développer leurs idées autrement, avec par exemple des améliorations sur la sécurité, ou sur les procédés de montée de charges lourdes sur les structures mobiles de maintenance. Là, nous avons tous compris que notre réalisation 3D ne se limitait plus à une visualisation finale du projet, mais bien à la participation à son développement. Q: Quelle expérience tirez vous de cette production ? Nous avons appris beaucoup de chose sur cette production, notamment sur l'optimisation de nos fichiers 3D. Sur un projet aussi complexe, il faut avoir une rigueur permanente, pour maintenir le "nécessaire et suffisant", c'est à dire savoir éliminer le superflu pour le simplifier (modélisation low-poly ou usages de textures) et garder un niveau de détails et de qualité de modélisation élevé pour les éléments importants de chaque plan du film. Il était important de maintenir cette rigueur pour pouvoir travailler en équipe et gérer au mieux la quantité très importante de documents et fichiers 3D. Sans cette d'organisation stricte, nous n'aurions jamais pu réaliser ce film dans les conditions d'exigence technique et les d élais que nous avions. Q: Et si c'était à refaire ? Je signe tout de suite bien sûr ! ;-))) Ce genre de projet est un challenge, car on évolue avec le projet réel qui est en cours de développement. Nous participons à notre manière à l'évolution du concept du client. Il y a une part importante de technicité qui est très intéressante pour moi à recréer en 3D. J’aime à être au plus près d'un fonctionnement mécanique réel. Je modélise en 3D en m'appuyant sur des plans très précis, mais avec en plus la part esthétique qui est inhérente à toute présentation 3D de ce genre ! C'est quelque chose que j'apprécie beaucoup et qui me permet de m'exprimer en tant que graphiste mais également en tant que développeur. Q: Un message pour les jeunes, étudiants qui nous lise ? R: Je pense qu'il faut savoir faire cohabiter 2 facteurs indispensables à savoir, la passion et la rigueur. La passion, c'est un moteur essentiel. C'est une évidence, elle est liée d'ailleurs à la notion de curiosité. Dans ce milieu il faut constamment être curieux, vouloir apprendre, cela veut dire s'intéresser aux différents logiciels de traitement d'images et vidéos, être à l'affût des nouvelles technologies de l'image mais également des tendances visuelles... Et je dis ça en connaissance de cause car je suis autodidacte ! La rigueur fait partie intégrante du métier, on ne peut pas travailler sur de gros projets ambitieux sans un minimum de rigueur de d'organisation, d'une part pour un travail plus fiable en équipe, mais également du point de vue technique pour avoir des bases de travail 3D optimisées qui puissent être rapidement corrigées mais avec aussi le soucis de réduire au maximum les temps de calcul sans nuire à la qualité finale. Q: Et enfin, si vous avez des personnes à remercier ? Je remercie avant tout Fabrice et Stéphane pour la confiance qu'ils m'ont témoigné lors de la création de la société 3D Weave il y a maintenant quelques années(*), et pour m'avoir recruté dans leur équipe comme principal graphiste 3D alors que j'étais autodidacte et sans expérience professionnelle dans ce milieu. Je remercie également la communauté Cinema 4D globalement, à travers www.frenchcinema4d.com qui a été pour moi un tremplin pour mon apprentissage de C4D, mais également qui m'a permis de me faire connaitre en tant que "Tengaal" puis de me faire repérer par Stéphane. Je remercie l'équipe des développeurs de CINEMA 4D (MAXON) qui ont fait un travail remarquable ces 6 dernières années pour faire de ce logiciel un incontournable outil de production 3D. De fait, ils ont confirmé le choix que nous avons fait de baser notre flux de production 3D sur ce soft alors qu'il était très peu connu en France lors de la création de 3D Weave.(*) Gaetan LANGLOIS infographiste senior - développeur 3D chez 3D WEAVE SARL *en septembre 2002. Cinema 4D était alors en version 6. Interview Fabrice Escalier de 3dweave, gagnant à imagina 2008
Q: Votre film vient de gagner le prix spécial du jury Imagina, catégorie Industrie. Quelle est votre réaction à chaud ?
Fabrice Escalier : Beaucoup d'émotion ! Ce prix couronne plusieurs mois d'efforts : un investissement humain énorme et un enjeu financier très important par rapport la taille de notre société 3DWeave. Nous nous étions engagé avec Air France et nous avons été jusqu'au bout de notre engagement pour sortir très exactement le film qu'ils imaginaient. Q: Quel est votre rôle au sein de 3D Weave ? FE : Je suis gérant de 3D Weave ; en plus de la gestion au quotidien de cette PME, j'assure mon rôle de graphiste 3D /2D senior, multi plateforme, multi boutons, multicanaux et multi casquettes ;-) Q: Quel a été votre fonction sur ce film ? FE : Chef de projet : relation client avec la Direction des Affaires Immobilière, avec la Direction de la Maintenance A380 chez Air France avec qui nous avons travaillé ensemble sur le scénario. J'ai également assuré le suivi de la mise en place technique avec l'architecte. Avant tout j'ai mis en place du budget et le planning de production sur 5 à 6 mois, une partie très délicate mais très enrichissante. Q: Combien de temps avez vous travaillé sur ce film ? FE : En comptant comme préalable la préparation puis la négociation du budget jusqu'à la livraison finale, j'ai travaillé pratiquement une année sur ce projet. Q: Quelle difficulté inattendue avez-vous rencontrée sur ce film ? FE : À mon sens la première difficulté est de calculer au mieux les moyens de production et leur coût tout en respectant le scénario et le cahier des charges de départ. Cela reste un exercice très difficile, avec forcément des "difficultés inattendues". Q: Quel contrainte technique avez vous dû surmonter et comment ? FE : La plus grosse contrainte : faire tenir un projet de cette taille dans un logiciel Cinéma 4D, qui n'était pas forcement dimensionné pour. Il a fallu faire un travail énorme d'optimisation des fichiers 3D. Q: De quoi (séquence, technique) êtes vous le plus fier ? FE : Pour moi cela restera la mise en dock (moulage/démoulage). C'était vraiment le gros morceau du film. Cette séquence me rappelle vraiment les films de Science-Fiction, avec "l'amarrage" des vaisseaux spatiaux, sauf que là nous sommes dans la réalité avec le plus gros avion du monde...l'A380 ! Q: Hormis ce prix, à quel moment avez vous senti vraiment que ce film "sortait" de l'ordinaire ? FE : au moment exact où j'ai lancé le calcul sur nos 4 PC en rendu partagés et où tous m'ont répondu d'un seul message d'erreur "Mémoire insuffisante ..." (rire) Q: Quelle expérience tirez vous de cette production ? FE : De mon côté je sais que 3DWeave peut répondre à des demandes sur de grosses productions 3D. Nous avons réellement appris à maîtriser un budget : aujourd'hui nous savons faire et en plus nous savons combien ça coûte et quels sont les moyens à notre disposition. La maitrise du temps, des moyens et de l'argent, nous sommes plus professionnels en quelque sorte. Q: Et si c'était à refaire ? FE : Bien sûr dès demain. Notre équipe est forte de cette expérience. Nous le referons, d'ailleurs nous avons en tête un autre projet, sur lequel nous travaillons déjà ! Q: Un message pour les jeunes, étudiants qui nous lise ? FE : Travail, travail, travail et passion : aucune école, aucun outil ne réalisera autant ton apprentissage que ta propre volonté, jeune Padawane au coeur pur ;-) Q: Et enfin, si vous avez des personnes à remercier ? FE : Toute l'équipe de 3D Weave bien sûr !
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